À L’HEURE DE L’ENSEIGNEMENT À DISTANCE
Université Libre de Bruxelles - 2015
Arnaldo Niskier

À L’HEURE DE L’ENSEIGNEMENT À DISTANCE


La création des anciens cours par correspondance au Brésil remonte à 1904. Ils ont eu une grande diffusion avec le surgissement de l’Institut Monitor, en 1931, et de l’Institut Universel Brésilien, en 1941. Quelque temps après, aux années 70, le sujet a été traité de façon très déterminée et sérieuse, dans l’enceinte du Ministère de l’Éducation, grâce aux efforts de Jarbas Passarinho et Newton Sucupira.

Nous vivons aujourd’hui un temps de dualité: la science-fiction conduit l’imagination à Pandore, où les avatars sont capables de survivre à l’air toxique de l’étoile Alpha Centauri A, tandis qu’à la Terre, nous subissons les conséquences du réchauffement planétaire, en même temps que les hommes travaillent avec le système cerveau-machine, pour permettre qu’il y ait un perfectionnement effectif des questions cruciales de l’Éducation.

Si à la genèse de l’avatar il y a l’idée de “transformation” ou de “descente du Ciel à Terre”, rien n’empêche que l’on puisse rêver de temps meilleurs, surtout si l’on considère les progrès ayant lieu dans l’environnement virtuel, où il n’y a pas de limites à l’imagination. Le Kindle est à peine arrivé entre nous, et on annonce déjà son vieilissement pour des nouvelles formes de lecture électronique, où journaux et magazines de tous les formats sont aussi inclus. Les surprises sont quotidiennes ou sont mesurées à la minute.

Avec le surgissement de modernes techniques, et aussi avec la massification de l’Internet, la mode consiste à dire un nouveau mot dans ce domaine: Enseignement à Distance (EAD). Il est utile de rappeler qu’à l’étranger ladite Université virtuelle a conquis son espace depuis les années 70. En Angleterre, par exemple, l’EAD est une réalité et l'université ouverte (en anglais : The Open University ou OU) a le respect de tous.

Ici au Brésil, seulement au milieu des années 90, avec la réforme effectuée par l’implantation de la Loi de Directives et de Bases de l’Éducation Nationale (Loi 9.394/96), l’Enseignement à distance est désormais reconnu officiellement.

La culture est un processus, dont l’Éducation fait partie. Les lacunes brésiliennes dans ces deux domaines sont grandes. On parle d’université postmoderne, mais nos hommes de pensée sont encore timides, en ce qui concerne de reconnaître l’existence d’une culture postmoderne, soutenue par les ressources de l'Ère de la Connaissance. Elle serait forte et de grande ampleur, en permettant que la diversité régionale ait plus d’espace, en préservant les racines de l’identité nationale, dans les domaines de la littérature, de la musique, du théâtre, du folklore, etc.

Nous arrivons à la télévision numérique. En plus des chaînes à accès libre, déjà existantes, d’autres couvriront l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire, ainsi que l’Éducation, la Culture et la Citoyenneté. Culture pour tous est la vision générale du processus, qui a deux avantages extraordinaires, fruits de l’immense compétence de scientifiques et chercheurs: haute définition et interactivité.

Nous avons des lacunes évidentes, bien que l’on considère la culture une bonne affaire. Notre peuple ressent le manque d’une plus grande portée de la radio, de la télévision et du cinéma, surtout à l’intérieur du pays. Les racines culturelles en général ne sont pas respectées en leur intégrité et pureté. Avec les mécanismes de l’Enseignement à distance (EAD) il est possible d’établir un système intelligent d’échanges, avec des avantages pour tous.

En Amérique Latine, le Brésil est un des cinq plus grands producteurs de logiciels dans le domaine et le second pays en nombre d’étudiants, n'étant précédé que du Mexique, qui possède des universités virtuelles il y a plus de 30 ans, et a environ 112 000 étudiants.

Aujourd’hui, avec le progrès technologique, les cibles de l’EAD sont désormais les individus déjà insérés dans le processus de production, dans la tranche d'âge des plus de 25 ans et des problèmes de temps ou des contraintes géographiques, afin de pouvoir faire des études supérieures régulières. Ce sont aussi des banquiers ou des gérants de supermarché, par exemple, qui s’inscrivent aux cours d’enseignement à distance en envisageant améliorer leur performance au travail. Et sans le besoin d’abandon de l’emploi ou de l’éloignement de la famille.

L’effort pour l’intégration de plate-formes doit inclure des logiciels, équipements et services de télécommunications. Uniquement parmi les membres de l’Université Virtuelle Publique du Brésil (UniRede), qui réunit 70 institutions, il existe déjà vingt projets structurés. Même le Ministère de l’Éducation a aussi une plate- forme d’enseignement à distance, appelée e-Proinfo. À un second moment, l’initiative devra inclure les universités privées.

Il est également important de mettre en évidence que les investissements cumulés en enseignement à distance au Brésil se sont élevés à US$ 80 000 000 en 2002, selon le portail e-learning Brésil, qui effectue des recherches depuis 1999.

Il y a plusieurs expériences en cours, à partir des autorisations du Conseil National de l’Éducation. Mais le chiffre est encore trop petit, face aux immenses nécessités pédagogiques du pays.

Une expérience notable d’EAD au Brésil se déroule sous la direction du Centre d’Intégration Entreprise-École de São Paulo. Sur les ondes depuis mars 2005, aujourd’hui il dispose de 37 cours de courte durée, pour un total de 2 500 000 d’inscriptions enregistrées.

Le programme, sur sa propre plate-forme, est gratuit et vise à qualifier, perfectionner, améliorer et mettre à jour l’étudiant du secondaire ou de l’université, en dehors de ceux qui se dédient à la formation professionnelle. Ceci rend l’insertion du jeune dans le mouvementé marché du travail de notre pays beaucoup plus simple. Tout ce travail a déjà produit plus de 2 000 000 d’entraînements, en utilisant des cours classés comme attitudinaux, conceptuels et techniques. Les premiers concernent les aspects liés au développement d’attitudes et comportements essentiels du quotidien, à l’environnement académique et au travail. Les cours conceptuels opèrent plusieurs sujets sur la langue portugaise (mise à jour grammaticale, production de textes), méthodes et techniques de recherche, service clientèle. Ces derniers présentent des contenus focalisés sur la technologie, comme le paquet Office, Fondements de Réseau et Flash.

Il y a un grand engagement d’entreprises et d’institutions d'enseignement dans le projet, qui travaille aussi avec un format de tutorat à distance qui promeut la participation des jeunes sur toutes les étapes des cours, en éclaircissant les doutes en 24 heures maximum. Pour cela, la plate-forme de gestion est essentielle.

Des Certificats numériques gratuits, ainsi que des supports de cours sont fournis. Le succès peut être mesuré par la croissance expressive du programme administré par la Surintendance Exécutive du CIEE/SP.

Parmi les cours proposés, on peut citer: Mathématiques de base, Citoyenneté et environnement, Méthodes et techniques de recherche, E-mail et Internet: l’usage approprié dans l’environnement d’entreprise, Microsoft Excel, ce qui atteint un total d’environ 30 000 inscriptions par mois. Ils ont tous le but de qualifier, d’améliorer, de mettre à jour et de promouvoir la connaissance, en développant des aptitudes et talents dans les entreprises. Dans ce but, le CIEE met toute son expérience de 51 ans au service de la philanthropie.

Le plus grand nombre de jeunes se trouve dans l’État de São Paulo, mais le service est présent aussi dans d’autres régions, y compris au Nord-Est, où il est possible d’établir un environnement propice à l’apprentissage et à la construction de connaissances de façon correcte et agréable, parce qu’il dispose d’illustrations de haute qualité. Cela peut être la raison du bas taux d’absentéisme, qui se réduit chaque année. Des mots-clés stimulants sont utilisés; des classes spécialisées sont créées, accompagnées d’un tutorat hautement compétent, qui oriente les jeunes et les encourage à participer des bénéfices de l’apprentissage. La dernière conquête du projet a été l’entrée de la ville de Rio de Janeiro dans le circuit, avec l’adhésion enthousiaste du CIEE [Centre d’Intégration Entreprise-École]. Il y a un enorme intérêt de sa population, qui voit l’enseignement à distance comme un projet de premier ordre et de grand avenir.

Il y aura toujours le problème de la production, très coûteuse. Avec des ressources qui impliqueraient aussi la Loi de l’encouragement à l’audiovisuel, en plus d’autres mécanismes et d’autres soutiens, comme la Loi Rouanet de Soutien à la Culture, il sera possible de créer un organe officiel qui s’occuperait strictement des logiciels, en Politique Nationale en matière de Culture, avec des possibilités d’exportation vers les nations voisines, sensibles à la culture latine.

Pour que les résultats soient positifs, il est suggéré l’établissement d’une stratégie de marketing culturel, avec la nouveauté de compter obligatoirement sur les ressources venues de la plus grande circulation d’idées via l’EAD. En ayant le soin naturel d’éviter que, par l’excès, il y ait la dégradation de nos racines, bien au contraire. Elles seraient fortifiées avec ce grand renforcement, ce qui rendrait le Brésil encore plus grand dans son intégrité, enrichissant toutes ses activités appréciées quand il s’agit de musique, de littérature, valorisation de la langue portugaise, encollaboration avec l’Académie brésilienne des lettres, folklore (Reizado, Congado, Bumba-meu- boi etc), théâtre, cinéma, arts plastiques, danse, etc.

Nous avons des associations, dans ces domaines, qui sont fabuleusement compétentes. Ce que l’EAD peut apporter au processus est un échange intelligent, avec un avantage général. Éducation et Culture doivent aller de paire, car elles resserrent les rapports avec les communautés, en stimulant des actions démocratiques.

Notre programme de citoyenneté est louable, notamment parce qu’il inclut des écoles rurales et autochtones, mais il y a des obstacles qu’on ne doit jamais ignorer. Par exemple, l’existence de plus de 41 000 villes que n'ont pas encore d'énergie électrique, véritable portrait d’un regrettable retard. Aujourd’hui, il y a plus de 20 000 écoles publiques ayant des laboratoires d’informatique, avec des ordinateurs modernes.

Il faut que ce chiffre croît beaucoup, l’utilisation du Fust (Fonds d’Universalisation des Services de Télécommunications) étant necessaire. De tous les laboratoires d’informatique mentionnés, seulement 22 000 ont accès à l’Internet, ce qui représente une grave limitation à notre désir stratégique d’élargir les opportunités éducatives et culturelles des étudiants, avec l’emploi de nouvelles stratégies.


INTERACTIVITÉ


Les perspectives par rapport à l’élargissement de notre univers culturel sont très claires. Le fonctionnement de la Télévision Numérique a déjà commencé, d’abord à São Paulo, ensuite à Rio de Janeiro. La grande innovation est que les chaînes avec signal ouvert seront en plus grand nombre, et elles auront les avantages technologiques de la haute définition et de l’interactivité. Ça sera un grand progrès, sans doute. Mais le principal bénéfice sera l’existence de chaînes ouvertes pour des actions officielles dans les domaines fondamentaux de la vie nationale.

Sur la chaîne qui abritera la Culture, il y aura l’élargissement des opportunités de travail pour les producteurs brésiliens, aujourd’hui soumis à des petites participations dans les télévisions commerciales. Imaginez ce que ça pourra représenter, même si sa mise en oeuvre (qui se fera par le système nippo-brésilien) met encore cinq ou six ans, selon la détermination gouvernementale? Il faudra encore beaucoup réfléchir sur ce sujet.

Les modes arrivent ici avec leur propre vitesse. Depuis l’époque de la Découverte, les lettres avec les nouveautés prenaient plus d’un mois, amenées par les vaillantes caravelles portugaises. Et il n’était pas facile que quelque chose devienne à la mode en ces temps-là. Le premier journal a été distribué ici en 1808.

Il y a plus de 50 ans que l’on discute au Brésil l’emploi de l’Enseignement à distance. D’autres pays avancèrent dans cette modalité efficace, comme c’est le cas du Canada, de l’Espagne, de l’Angleterre et de l’Australie, entre autres. Ici, après une longue période de procrastination (ou alors la peur du nouveau), avec la crainte qu’il devienne une formation de troisième ordre, heureusement nous allons vers une réaction favorable, à partir de ce qui a été déterminé dans la Loi de Directives et de Bases de l’Education Nationale (Loi 9.394/96).

Aujourd’hui, il y a plus d’un million d’étudiants brésiliens qui font leurs études via l’enseignement à distance, au niveau supérieur, ce qui est déjà une preuve que nous nous sommes réveillés pour ce qui est très courant dans les Universités nord- américaines, comme nous avons pu le vérifier lors d’une visite à la nouvelle University, en Floride. Ses 15 000 étudiants font leurs études en suivant un régime hybride, avec un détail essentiel : les évaluations sont toujours présentielles, ce qui évite toute possibilité de fraude.

Maintenant, il est à la mode de citer l’inclusion sociale, dont l’inclusion numérique fait partie, évidemment. Environ 25 000 000 de Brésiliens âgés de plus de 16 ans ont accès à l’Internet, mais n’oublions pas que nous sommes une population supérieure à 200 000 000 d’habitants. Le taux de ceux qui ont ce privilège est encore très bas, rattaché surtout aux écoles privées, rendant ainsi bien visible le fossé de la ségrégation numérique, dans le cadre général de pauvreté du Pays.

Il est évident qu’il y a beaucoup d’espoir dans la libération des ressources du Fust (Fonds d’Universalisation des Services de Télécommunications). Alimenté par 1% de la facturation des concessionnaires de services de téléphonie, ils n’est pas mis à la disposition de bons projets, comme l’accès au réseau mondial d’ordinateurs pour les écoles, bibliothèques, hôpitaux, postes de santé, organes de sécurité, entre autres. Il aété tristement jeté dans le processus de renforcement du solde primaire. Que deviennent la formation et le perfectionnement des enseignants et des spécialistes dont nous avons tant besoin?


ENSEIGNANTS


Nous avons environ 3 000 000 d’enseignants employés (presque 500 000 dans l’enseignement supérieur), avec une moyenne salariale de 700 dollars pour ceux de l’enseignement de base, ce qui est très peu.

Nous devons valoriser la performance des enseignants et spécialistes, non seulement en perfectionnant leurs cours de formation (mesure d’urgence), mais aussi en rémunérant convenablement ce service fondamental pour les plans de croissance du pays. Il sera toujours difficile d’encourager les jeunes de la classe moyenne à choisir le métier d’enseignant avec des salaires qui sont incontestablement des plus bas au monde. On estime que, dans les prochains 5 ou 6 ans, nous pourrons tripler les chiffres actuels. Ainsi même, nous serons au dessous des nations comme celles que l’on appele les “Tigres asiatiques”.

Seule l’augmentation de salaire des enseignants, toutefois, ne résout pas le problème. Après tout, l’argent à la fin du mois ne transforme pas un professeur mal préparé en un maître efficace. Il y a un ensemble de facteurs qu’au Brésil commence peut-être dans les écoles de formation d’enseignants, qui sont encore très La formation d’éducateurs, soient-ils tuteurs ou non, passe aujourd’hui par la dimension technique, la dimension humaine, le contexte politique-économique et la part de connaissances à être transmises, tout ça résumé dans ce que l’on peut appeler acquisition de compétence. Celle-ci comprend nécessairement:

- le savoir et le faire;

- la théorie et la pratique;

- les principes et les processus de la technologie éducative.

Le tuteur doit être un nouveau type d’éducateur, dont la capacité d’action soit fondée sur un processus scientifique. Soumettre l’étudiant simplement àune exposition culturelle n’est point suffisant. Ce nouvel éducateur doit maîtriser les aspects techniques et pédagogiques des programmes et de la méthodologie.

Beaucoup se demandent si le tuteur est un psychologue, un analyste- programmeur ou un communicateur. Les critiques radicaux, qui n’admettent pas des alternatives aux problèmes, considèrent la technologie éducative comme une forme de subordination de ces problèmes à une vision économique. Pour eux, cela veut dire que la préparation de ressources humaines, via technologie, à court ou moyen terme, les menerait à s'intégrer aux moyens de production, avec la perte de la vision de l’aspect humaniste de l’Éducation.

Le tuteur ne doit pas rejeter les principes du technicisme. Il doit non seulement rendre l’enseignement plus efficace, mais aussi meilleur. La difficulté de ce point de vue est de déterminer ce qui est le mieux en Éducation.

De nos jours, il y a un consensus sur ce que soit un tuteur. Tandis qu’un technicien met l'accent sur la production et se sert de méthodes qui ne s’adaptent pas à l’Éducation, le tuteur de l’Éducation doit disposer d’une bonne formation en humanités, prêt à intégrer des nouvelles techniques à son travail, en termes de comportements, connaissance des moyens de communication et ses possibilités, ainsi que la connaissance des objectifs didactiques. Il travaille avec les circonstances à partir d’un diagnostique des besoins qu’il faut satisfaire.

Il peut s’agir d’un professeur chargé de l’Éducation non-formelle en programmes d’extension agraire, comme au Brésil, par exemple, en zones cultivables qui ne sont pas encore complètement exploitées à cause de l’utilisation de méthodes obsolètes. Ou alors on aura besoin d’un expert en planification de l´éducation capable d’utiliser la télévision pour renforcer les méthodes modernes d’enseignement de base. On peut aussi avoir besoin d’un professionnel pour l’utilisation de jeux de simulation, pendant la formation d’administrateurs.

Au Brésil, le terme “tuteur” semble être destiné aux ancients élèves des cours de Mathématiques appliquées à l’Informatique, Ingénierie informatique, Communication et d’autres similaires, ce qui consiste en une conception déformée des possibilités de la technologie de l’Éducation. La multiplicité de cours liés aux domaines de l’Informatique et de la Communication ne résout pas le problème de nos 16 000 000 d’analphabètes ni les lacunes en d’autres secteurs.

Mais pour faire face à un engagement pédagogique mobilisateur, la technologie éducative peut être le levier d'impulsion dont nous avons besoin. Les plus grandes résistances au rôle du tuteur se trouvent le plus souvent chez les personnes et institutions plutôt que dans la technologie elle-même. Les entreprises, par exemple, adoptent la technologie sans difficulté, toujours et quand cela leur convient à fin d’augmenter la productivité, l'efficacité et, naturellement, les profits.

Dans les écoles, le tuteur est considéré comme un usurpateur des prérogatives de l'enseignant. L'enseignant peut rejeter le tuteur par ignorance ou par peur de l'innovation. Ou encore, il peut se considérer un tuteur dans la mesure où il admet l’utilisation d’ordinateurs pour apprendre à l’étudiant à faire des mathématiques. Comme il est plus intéressant de jouer avec le clavier que de jouer avec la tête, les étudiants préfèrent et l'enseignant n'a pas besoin de tellement Mais cela ne se produit pas seulement au Brésil. Plusieurs pays qui utilisent beaucoup la technologie éducative ont été obligés à partir de zéro à cause de la résistance et obstruction des universités traditionnelles. Comme le dit un message “Après tout, on ne fait plus les maisons comme auparavant. Ni les avions. Ni la radio, ni le journal. Ni même les ballons de football. La technologie change tout, et fait tout mieux.”

Avant que l’on pense que le tuteur va tout changer, comme dit la publicité, il faut établir une relation favorable entre l’espace et le résultat qui puisse justifier la technologie éducative à large échelle. L’Enseignement à distance a inspiré une série de concepts apparemment distincts: Est-ce qu'il s'agirait de modalité, de méthodologie ou de technologie? Nous préférons la première expression.

Nous avons 280 000 enseignants universitaires et le total de docteurs ne représente que 20% de ce chiffre. On doit ouvrir la voie à l’EAD, qui pourrait être fondamental dans ce processus de nouvelles connaissances.

Selon une enquête récente de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), au cours de la décennie écoulée, par rapport à des étudiants de 65 nationalités, personne n’a autant avancé en classe comme leschiliens. Le mérite du Chili a été d’appliquer avec discipline et persistance des initiatives d'efficacité déjà testées, avec beaucoup de succès, dans les pays développés. Elles ont fonctionné seulement parce qu’elles ont résistés au cours de deux décennies sans interruption – à l'abri des échanges de pouvoir, des idéologies et des ingérences politiques qui d’habitude provoquent des reculs en ce domaine.

Au Brésil, nous vivons aujourd’hui sous le stigmate de la baisse qualification des écoles. Ce n’est pas un phénomène exclusivement brésilien, car le président Barak Obama, qui affirme avoir choisi l’espoir au lieu de la peur, investit 500 milliards de dollars par an en Éducation. Il est impressionné par la mauvaise performance de 5 000 écoles nord-américaines et par les notes médiocres atteintes aux examens internationaux (Pisa) de Mathématiques, par exemple: les États Unis restèrent à la 36 ème place, alors que le Brésil a atteint la 58 ème , dans une compétition entre 65 pays (année de référence, 2012).

L’abandon scolaire est une réalité brésilienne, bien que le Gouvernement ait stimulé la valorisation de l’école par l’intermédiaire d’ambitieux projets sociaux, comme le “Bolsa Família” (bourse familiale), que concerne 13 800 000 familles, en favorisant 50 000 000 de personnes environ, et a déjà sorti 36 000 000 de Brésiliens de l’extrême pauvreté.


EM ABERTO


En 1996, l’INEP accueillait un Groupe de Travail, qui a effectué d’ importantes études, ayant des caractéristiques d’innovation. Dans la revue “Em Aberto” n° 70 (avril – juin 1996), a été publié un texte écrit par nous, qui mérite d’être mentionné par sa valeur historique.

Au Brésil, hors les anciennes expériences de l’enseignement par correspondance, analisées à juste titre par le Groupe de Travail MEC/UERJ de 1977, duquel j’ai été chargé, avec Heloísa Maria Cardoso da Silva, João Artur Machado Zainko, Maria Amélia Sabbag Zainko, Marlene Blois et Solange Leobons, l’année de 1972 peut être établie comme un tournant historique.

À cette occasion, le professeur Newton Sucupira, qui était alors le coordinateur des Affaires Étrangères du MEC, revenant d’une visite à la nouvellement créée Open University, de Londres, a reçu du ministre Jarbas Passarinho la mission de créer une Commission de Spécialistes pour étudier la possibilité d’implanter, au Brésil, une expérience semblable à celle de l’Université Ouverte d’Angleterre.

Ayant participé à 12 réunions, on peut le dire que, en termes officiels, cela était l'embryon de ce qui se déroule aujourd'hui, comme dit la Loi 9.394/96 (LDB), où pas moins de neuf articles explicitent ce que l’on veut en termes de mise en œuvre de l’Enseignement à distance dans nos systèmes d’enseignement. Ceci est inouï. La Commission de Spécialistes du MEC avait rencontré une forte réaction de la communauté pédagogique, qui craignait que l’on puisse créer un immense « schéma de simplification », avec l’utilisation de cette modalité. "Je me souviens que lors d'une visite au campus Milton Keynes à Londres, nous avons demandé au directeur si l'Angleterre avait rencontré le même problème. Fait intéressant, il a dit oui. Mais la solution à l’Université Ouverte scellée par la reine Elizabeth II, était extrêmement simple: «Nous avons embauché les 500 meilleurs professeurs universitaires en Grande-Bretagne. Nous les avons chargé non seulement de l'élaboration des modules (unités) distribués par la poste, mais aussi du contrôle de toute l’évaluation du processus, afin de ne courir aucun risque en termes de qualité. Le résultat ne pouvait pas être plus propice.”

Aujourd’hui, l’Open University sert de modèle, avec son schéma interactif, en utilisant la BBC, avec environ 100 000 étudiants. C’est une realité incontestable – et personne ne conteste  plus le problème de la qualité, car elle est définitivement assurée. Nous avons même suivi un cours de mathématiques par télévision. Une expérience inoubliable.


LE RETARD


Nous sommes encore en retard. Il y a des expériences isolées qui méritent tout le crédit, comme le cours de spécialisation à distance qui se développe sur la chaire de l’Unesco existante à l’Université de Brasília. L’université Fédéral deSanta Catarina, par l’intermédiaire de sa Faculté d’Ingénierie, élabore un intelligent projet d’EAD, qui, pour son sérieux, a reçu les applaudissements et des incitations financières du Conseil National de Développement Scientifique et Technologique (CNPq).

Il y a d’autres tentatives dans des institutions universitaires pas encore accréditées par le CNE (comme l’exige la loi). Dans chacune d'entre elles, pour ce que nous savons, il existe le souci avec la garantie de qualité, sans quoi il n’y a pas moyen de faire prospérer cet immense potentiel de service, dans un pays avec nos incroyables dimensions.

On doit louer également le caractère avant-gardiste de l’Université Virtuelle créée par le Centre Universitaire Carioca de Rio de Janeiro, fruit d’une inspiration du professeur Celso Niskier.

Ce que l’on peut déjà assûrer c’est que nous avançons technologiquement en termes de hardware. Des satellites, antennes paraboliques, ordinateurs, salles de montage entièrement numérisées, chaînes exclusives pour l’éducation - enfin, sous cet aspect, il n’y a aucun doute que l’on peut compter sur l’immense et riche attirail électronique.

C’est en Ingénierie de logiciel que l’on constate encore une grande précarité, c’est-à- dire, dans l’indispensable domaine de la production de programmes. Nous avons eu le courage d’acheter des équipements dignes du Premier Monde, mais les salaires payés à nos enseignants et spécialistes ne sont encore que du Tiers-Monde. Pendant ce temps, dans le monde caractérisé par la Société post- industrielle, se déroulent des projets de succès, dont certains sont offerts au Brésil dans une tentative de conquête du marché, d’immenses virtualités. L’Université de Harvard mène des programmes avec l’Argentine; l’Université du Michigan, qui a cherché le Brésil pour la création d’un MBA, est avec ses tentacules étendues à Hong Kong, Japon, Thaïlande et d’autres tigres asiatiques, un phénomène d’expansion qui justifie les craintes de la mondialisation culturelle; la même chose a fait l’Université de Pennsylvanie, par l’intermédiaire de sa remarquable et réussie Wharton School, où nous sommes allés quatre fois pour étudier la problématique de la prévoyance complémentaire dans le monde. Aujourd’hui, ses programmes sont offerts au Brésil, de façon indirecte, en utilisant les mécanismes de l’Enseignement à distance et, plus particulièrement, le potentiel des satellites nationaux de télécommunications.


MODALITÉ MODERNE


L’existence d’un grand parc graphique, avec plusieures stations de radio (plus de 3 000) et de télévision, outre un excellent réseau de communication postale, téléphonique et par satellite contribue résolument pour l’implantation d’un Système National d’Enseignement Supérieur Ouvert et à Distance. Ce fut pour cette raison que le Congrès National a réçu, en 1972, le premier Projet de loi, qui créa l’Université Ouverte, ce qui se répéta en 1987. Seulement en 2006 elle commença à fonctionner – et de façon précaire.

Les ministres Hugo Napoleão (28-02- 1988 a 17-01- 1989) et Carlos Sant’Anna (17-01- 1989 à 15-03- 1990) ont créé des Groupes de Travail pour étudier l’éducation ouverte et à distance, comprise comme une modalité moderne, capable de révolutionner notre politique de ressources humaines. Certains des essais ont été financés par le MEC, en 1989, comme le programme de formation continue pour enseignants de mathématiques et sciences du premier degré (Funbec), formation de spécialistes en enseignement à distance (Université de Brasília), création du Centre d’Enseignement à distance de l’UERJ, Projet Vitória-Régia (Secrétariat d’Éducation de l’État de l’Amazonas), matériels pour radio et télévision (Irdeb), etc.

Comme c’est toujours le cas, aucune continuité, bien que du Groupe de Travail faisaient partie un représentant du Conseil Fédéral d’Éducation et un du INEP, institutions apparemment non périssables (le CFE a changé de nom).

Pour l’histoire, nous enregistrons les noms qui figurent sur l’arrêté ministériel n° 418, du 10 novembre 1988, signé par le ministre intérimaire Luiz Bandeira da Rocha Filho, avec Arnaldo Niskier, Terezinha Maria Abranches Felix Cardoso, Maria de Lourdes Marques Bittencourt, Anna Rosa Bogliolo de Siqueira, Jane Maria Fantinelli Tomasini, Inês Bettoni et Marly Gonet Mourão Branco.

Ce Groupe de Travail, coordonné par nous, concluait  le document titré Pour une Politique Nationale d’Éducation Ouverte et à Distance, en février 1989, établissant les stratégies d’implantation, suivi et évaluation, d'où est issu le résumé suivant:

Faire le relevé de la demande réelle des nécessités, à être satisfaites par la méthodologie d’EAD; promouvoir la formation d’équipes multidisciplinaires pour la production de programmes; élargir la collection de livres des bibliothèques scolaires, de façon à incorporer aussi des vidéos, disquettes et d’autres matériels; encourager la production de programmes locaux de radio et télévision; appuier technique et financièrement des programmes et projets d’EAD promus  par des institutions publiques d’enseignement et organisations de la societé civile à but non lucratif; établir des mécanismes d’évaluation de programmes et projets d’EAD; profiter de l’infra-structure d’institutions d’enseignement de niveau moyen et supérieur, pour les transformer en des centres d’EAD régionaux; inclure la méthodologie de l’EAD dans les programmes des cours d’éducation et de communication; proposer, aux universités, des cours de spécialisation en enseignement à distance; offrir des cours de spécialisation pour enseignants et d’autres professionnels d’enseignement supérieur, face au manque de ressources humaines ayant des études et diplômes convenables et formellement exigés, etc.

Ce que l’on regrette c’est “l’archivage tout court” de cette étude, qu’a mis de nombreuses heures de réunions et expérience transmise, sans que en pratique soit mise en exécution. Mais, qui le sait, elle a peut-être créée un climat favorable à son déclenchement maintenant?

Que nous sommes un grand marché, il n’y a aucun doute. Que nous souffrons d’un retard chronique dans l'appropriation  de telles idées, encore moins de doutes. Il revient au Ministère de l’Éducation le rôle naturel de leadership, pour accélérer l’emploi de la modalité et, à notre point de vue, non seulement dans le domaine prioritaire de la capacitation et perfectionnement d’enseignants, mais en d’autres domaines également importants de notre processus de croissance. Si l’on opte pour le financement à projets, que l’on exige impérativement de la QUALITÉ, justifiant ainsi l’investissement public dans un domaine d’importance stratégique pour le Pays. Ce qui nous anime est l’éveil de l’Université Ouverte du Brésil (UAB), un consortium d’universités oficielles engagées dans cette modalité.


POLITIQUES ET STRATÉGIES


Pour que le thème atteigne une continuité, il est important que soient pris en compte les items que nous proposons au Conseil National d’Éducation à travers l’indication n° 6/96, où l’on prévoyait la création d’un Système National d’Éducation Ouverte et à Distance; avant ça, l’indication n° 1/86, du Conseil Fédéral d’Éducation, sur l’Informatique dans l’Éducation dont nous sommes l’auteur. Un document pionier, avec quelques suggestions importantes:

01 - Établir la Politique Nationale d’Éducation Ouverte et à Distance, dans le cadre du Conseil National d’Éducation, intégrée au Plan National d’Éducation;

02 - Stimuler l’expérience de l’Université Virtuelle, avec l’offre illimitée de cours non-présentiels et l’ample utilisation d’adresses électroniques;

03 - Intégrer les efforts des réseaux nationaux de radio et télévision éducative, afin de donner un support aux projets d’entraînement de capacitation de professionnels, aux niveaux moyen et supérieur;

04 - Créer la première expérience pilote dans le domaine du magistère, en qualifiant des enseignants et spécialistes, mettant l’accent sur l’emploi de l’informatique dans l’éducation; 05 - Entraîner des professionnels du multimédia (scénaristes, ingénieurs de logiciel, producteurs visuels, animateurs, producteurs de video, photographes, locuteurs, doubleurs, etc, tous ceux que nous appelons aujourd’hui les professionnels du nouveau média);

06 - Orienter la production de logiciels éducactifs dans le Pays, pour la distribution dans les écoles publiques, en vue du perfectionnement de la qualité de l’enseignement (mettant l’accent sur l’éducation de base);

07 - Élaborer une stratégie nationale pour l’enseignement par correspondance, basée sur les principes de la formation continue et en parfaite harmonie avec la réalité brésilienne, préservée la qualité des services à être fournie;

08 - Promouvoir la formation d’équipes multidisciplinaires pour la production de programmes;

09 - Élargir le réseau des bibliothèques scolaires, de façon à incorporer aussi vidéos, disquettes et d’autres matériels;

10 - Encourager la production de programmes locaux de radio et

11 - Appuyer techniquement et financièrement des programmes et projets d’ EAD, promus par des institutions publiques d’enseignement et organisations de la societé civile à but non lucratif;

12 - Profiter de l’infrastructure des institutions d’enseignement de niveau moyen et supérieur pour qu’elles deviennent des centres d’EAD régionaux;

13 - Inclure la modalité d’EAD dans les programmes des cours d’éducation et de communication.


LES INNOVATIONS DE LA LDB


Depuis le 20 décembre 1996, la Loi de Directives et de Bases de l’Éducation Nationale, avec ses 92 articles, est entrée en vigueur. Un des sujets les plus riches de la Loi de Directives et de Bases de l’Éducation Nationale (Loi 9.394 du 20 décembre 1996) est celui qui concerne l’enseignement à distance.

Comme nous cherchons à démontrer dans le livre LDB, la nouvelle loi d’éducation (Edições Consultor, Rio, 1997), le sujet peut être considéré à partir de l’Article 5ème, paragraphe 5, quand, de façon indirecte, on affirme que “pour que l’enseignement devienne obligatoire, le Pouvoir Publique créera des formes alternatives d’accès aux différents niveaux d’enseignement, indépendamment de la scolarisation précédente.” Ce fut le premier défi qui s’est posé auprès de nosenseignants. Un peu plus loin, dans l’Article 32, on dit que “l’enseignement fondamental sera présentiel, étant l’enseignement à distance utilisé comme complément de l’aprentissage ou en situations d’urgence.” C’est le début objectif de la modalité dans le processus, bien que la Loi ait utilisée les termes indistinctement,comme si enseignement à distance et éducation à distance, fussent la même chose (on sait qu’il n’en est point). Une erreur.

L’enseignement moyen, d’une durée de trois ans minimum, “adoptera des méthodologies d’enseignement et d’évaluation qui stimulent l’initiative des étudiants” (Article 36) et c’est là que l’on voit, indirectement, qu’il sera aussi possible l’emploi de l’Enseignement à distance, pourvu que de façon contrôlée, avec l’autorisation du respectif Conseil Régional d’Éducation et vérifiant encore, pour les étudiants d’EJA [Éducation des Jeunes et des Adultes], que “les connaissances et habilités acquises par les étudiants à travers de moyens informels seront évaluées et reconnues à travers des examens.” (Article 38).

L’Article 40 cite l’existence de différentes stratégies de formation continue, expression synonyme d’éducation permanente. Sur le chapitre de l’éducation supérieure, l’Article 37, Paragraphe 3, exige obligatoirement la régularité de la présence des étudiants et des enseignants, “sauf dans les programmes d’enseignement à distance.” Il y a une prévision de programmes de formation continue pour les professionnels d’éducation des différents niveaux (Article 63) et l’Article 80 est assez clair quand il détermine que “le Pouvoir Public encouragera le développement et la diffusion de programmes d’enseignement à distance, à tous les niveaux et modalités d’enseignement, et de formation continue.” Les institutions du secteur devront être spécifiquement accréditées par l’Union, c’est-à- dire, par le Conseil National d’Éducation, en coopération et entente avec les différents systèmes d’enseignement.

Encore dans le même article, on prévoit que l’Enseignement à distance aura un traitement différencié, avec des coûts de transmission réduits sur les chaînes commerciales privées et concessions de chaînes exclusivement éducatives. À l’Article 87 il est possible de prévoir la réalisation de cours à distance pour les élèves jeunes et adultes non ou très peu scolarisés antérieurement et programmes de capacitation pour tous les enseignants en exercice.

C’est-à- dire, pourvu que la qualité soit assûrée, objetif nº 1 de la LDB, on pourra aller vers le plein usage de l’Enseignement à distance, prévu en neuf articles, directe ou indirectement, dans l’instrument légal.

Le respect à l’éducation comme droit subjectif, allié à l’incroyable progrès scientifique et technologique, avec la mise à la disposition de chaînes et satellites pour la massification de l’éducation, sans perte de la qualité, sont des facteurs qui obligent à une nouvelle attitude d’adhésion au moderne, mettant le Brésil dans la liste des nations qui ont adhéré avec décision à la Société de la Connaissance.

L’enseignement supérieur a besoin d’une réorientation. L’objectif est d’évaluer si ce que l’université produit sert et, s’il sert, à qui. On voudrait savoir, par exemple, si l’université brésilienne est à l’avant-garde de la création de la pensée, si elle joue son rôle de divulgatrice de la connaissance et si elle est un instrument de facilité pour que l’étudiant puisse acquérir un emploi et devenir un professionnel. Rien ne fonctionne bien sans être évalué , et le fonctionnement sans évaluation n’est qu’un contresens: “L'université est l'instrument de construction d'un monde meilleur”.

Une des questions qui restent à résoudre fait référence à la consolidation de nos lois éducatives. La LDB est devenue une mosaïque jolie et bariolée. Seul un génie peut avoir en mémoire autant de si variées normes, avec un détail qui doit être mentionné: c’est devenu à la mode, comme l’on avait fait au Plan National d’Éducation, d’établir des objectifs exubérants pour l’avenir, comme l’on a fait systématiquement avec l’éradication de l’analphabétisme. Si tel n’est pas le cas, à quila faute?

On peu aussi citer le cas de l’éducation technique, très bien représentée par les Instituts Nationaux qui sont aujourd’hui sur presque tout notre territoire. Ce sont les IFETs de bonne réputation, mais avec un nombre insuffisant d’unités, si nous voulons les mettre au service de la croissance scientifique et technologique du pays, ce qui dépendra aussi de bonnes bibliothèques et de laboratoires efficaces. Il faudra avoir des ressources pour ces améliorations, qui sont essentielles  dans la societé de la connaissance.

On arrive au combien rêvé (et non planifié) Fonds de Subvention aux Enseignants (FIP). On sait qu’il est pratiquement impossible de payer les salaires minimums établis par les voies officielles. Au Nord et au Nord-est, par exemple, il y ades milliers de villes qui payent mal leurs enseignants, étant fréquent des situations dramatiques, comme les maîtres qui échangent leurs revenus par des assurances santé pour leurs familles. Jusqu’à quand nous vivrons avec un tel déséquilibre?

Le MEC a lancé le Financement Estudiantin (Fies) et ça semblait être une idée brillante. Immédiatement, environ 30% des étudiants de l'enseignement supérieur ont adhéré à l’initiative, enchantés par la possibilité de payer leurs études et rendre l’investissement, à faible taux d'intérêt, après la conclusion des cours. Mais le résultat du processus fut imprévu. Au moment du renouvellement, le MEC même a senti que quelque chose n’allait pas, y compris par le fait que les institutions supérieures ont augmenté leurs coûts, rendant la procédure impraticable. Quatorze milliards de reais ont été investis, l’année dernière, et pour l’année en cours l’on ne sait pas exactement de combien sera le compte. Ce que l’on sait, pour l’instant, c’est que le compte n'y est pas. Tout cela quand on veut que le nombre d’universitaires augmente des 6 700 000 actuels pour 10 000 000. D’où viendra le miracle?

Ce qui est curieux, c’est qu’il y a un fort mouvement, dans le pays, qui demande que les investissements en Éducation passent des actuels 6,1% du Produit Interne Brut à l’improbable 10%. On parle du pré-sel avec l’eau à la bouche. Avant ça, admettons-le, il faudra équiper la machine administrative de façon compétente. Ou alors on va jeter beucoup d'argent par la fenêtre.


“LIVRE GUIDE”


Le Plan National d’Éducation (PNE) établit 20 objectifs dès l’éducation infantile jusqu’au troisième cycle pour être accomplis dans une décennie. Dans le PNE est prévu l’investissement d’au moins 10% du Produit Interne Brut (PIB, valeur totale de la « production de richesse » du pays) en éducation à la fin de cette période.

La présidente Dilma Rousseff a réaffirmé que le Brésil travaillera sur quatre axes pour garantir l’amélioration de l’enseignement au Brésil. Les directives sont présentes dans le Plan National d’Éducation (PNE), approuvé l’an dernier. Le premier est d’améliorer le fédéralisme coopératif, à fin de coordonner les fonctions municipales, régionales  et nationales. Le second axe est la modification du programmede l’enseignement de base, pour valoriser  l’interprétation et le raisonnement logique comme “point de départ de l’apprentissage”. Le troisième axe est celui de la valorisation et qualification d’enseignants et directeurs, avec la possibilité de création d’une carrière nationale pour les professionnels.

Un autre point souligné fut celui de donner une meilleure structure à l’enseignement du pays, avec l’encouragement de technologies, techniques et l’utilisation de logiciels, avec l’engagement d’universaliser l’accès des enfants de quatre et cinq ans à l’éducation jusqu’en 2016, conformément au Plan National d’Éducation.




















  • Twitter - Arnaldo Niskier